samedi 8 août 2015

La messe




Les cloches sonnent à toute volée — dimanche.
Il est en haut des dix hautes marches qui du parvis mènent au porche. Vue d’en contrebas sa haute silhouette paraît surhumaine. La grande porte est ouverte. Son corps massif, revêtu d’une aube blanche, se détache sur le fond noir, le trou béant de l’intérieur de l’église.
Les cloches sonnent à toute volée — joyeuses.
Il est trop loin pour qu’on distingue son visage, on ne peut deviner s’il a le regard fier, sévère, lointain, si des larmes coulent sur ses joues, s’il est mélancolique ou désespéré, s’il est confiant.
Les cloches sonnent à toute volée — appellent.
Les bras croisés, il attend.
Les autres dimanches il est venu de moins en moins de monde.
Il attend.
Personne ne viendra.
C’est fini.

 

mardi 21 juillet 2015

Trois histoires louches


1. J’aime tellement ce court métrage que je crains d’en avoir déjà parlé ici.

2. «En jouant avec Arsène et d’autres enfants à ce jeu qui consiste à cacher chacun à son tour un objet que les autres cherchent et qui fait crier: “Tu brûles ou tu gèles”, selon que les chercheurs s’en éloignent ou s’en approchent, la petite Geneviève eut l’idée de fourrer le soufflet de la salle dans le lit d’Arsène. Le soufflet fut introuvable, le jeu cessa, Geneviève, emmenée par sa mère, oublia de remettre le soufflet à son clou. Arsène et sa tante cherchèrent le soufflet pendant une semaine, puis on ne le chercha plus, on pouvait s’en passer, le vieux curé soufflait son feu avec une sarbacane faite au temps où les sarbacanes furent à la mode, et qui sans doute provenait de quelque courtisan d’Henri III. Enfin, un soir, un mois avant sa mort, la gouvernante, après un dîner auquel avaient assisté l’abbé Mouchon, la famille Niseron et le curé de Soulanges, fit des lamentations de Jérémie sur le soufflet, sans pouvoir en expliquer la disparition.
— Eh ! mais il est depuis quinze jours dans le lit d’Arsène, dit la petite Niseron en éclatant de rire, si cette grande paresseuse faisait son lit, elle l’aurait trouvé... 
En 1791, tout le monde put éclater de rire; mais à ce rire succéda le plus profond silence.» 
Balzac, Les Paysans, I, 13

3. Ce que fit ma tante Huguette. Je n’ai jamais su  exactement cet épisode de l’histoire familiale qui se déroule avant ma naissance. Ma tante est toujours vivante mais sans doute ne la reverrai-je jamais ? En gros, avec des imprécisions, y compris dans l’identité des protagonistes, voici ce qui arriva. L’arrière-grand-mère, veuve, avait retrouvé un futur mari. Est-ce le curieux petit vieux photographié dans le jardinet du 3 rue Sainte-Ève ? L’affaire allait si bon train que ma tante, toute jeune fille, s’avisa de glisser un bâton en travers du lit de sa grand-mère pour vérifier si celle-ci dormait bien dans son lit et pas dans un autre lit. On devine la suite et fin de l’histoire. Si l’on s’offusqua un peu dans la famille c’était un tout petit peu (on avait l’habitude des coucheries illicites) parce que l’on ne faisait pas ça avant le mariage, mais c’était surtout parce que : «faire ça à leur âge!»  

 

vendredi 17 juillet 2015

Presque Allais


J’arrête la voiture au bord de la plage. De la voiture stationnée derrière moi, immatriculée dans le Pas-de-Calais, sortent deux bidochons plus vrais que ceux qui sont dans la bande dessinée. L’homme me demande si je connais dans le coin un endroit où pêcher des coquillages.
La femme montre ma plaque minéralogique :
«Mais non, il ne peut pas, il est du 28.»
Alors l’homme, pointant du doigt mon tee-shirt :
«Si, il doit savoir !»
Je porte le tee-shirt du musée de Philadelphie qui représente un homme qui fait de l’aviron (Eakins).
 
 

samedi 27 juin 2015

27 juin


Dites-moi franchement, suis-je si inintelligent et si pesant ? Parfois on me tolère, on est gentil, on accepte la corvée de ma présence. Je ne me supporte pas, comment me supporterait-on ? C’est pour cela que je suis parti en exil. 



lundi 22 juin 2015

Mac Orlan: La Cavalière Elsa



« On imagine l’emplacement sombre de cette ville un peu comme une poubelle immense, en fer-blanc surchauffé, où des géraniums géants aux pétales épais ainsi que des biftecks achevaient de se décomposer comme de la viande. »



« Pas de fantaisie dans les pays où les mitrailleuses font partie de l’ornementation des rues. Pas de fantaisie, mais de la souplesse, et surtout ne pas oublier de rentrer le ventre en s’effaçant le long des murs. »



« Rien ne donne du caractère à une cité comme l’usage de la mitrailleuse. C’est précis, définitif et très pittoresque, instructif également. »



« Il ne faut pas traiter le décor où se jouera un drame social d’un militarisme embrouillé avec la négligence qu’on apporte en parlant de l’automne, qui, en dehors des quelques souvenirs de Jules Laforgue, n’encadre que les jeunes filles poitrinaires. »



« L’été paresseux et érotique exalte la grande passion des chemineaux et rend craintives les fillettes légèrement vêtues. »



« Il connaissait tous les pièges que la littérature combinée avec l’immoralité peut tendre aux hommes. »



« Chacun de nous, visitant des palais nationaux où toute la fantaisie artistique d’un peuple s’est plu à distribuer les embellissements, recherchera toujours le petit coin mystérieux où l’on retrouve sur la muraille ou sur le tapis du plancher, la classique tache de sang. »



« Le badinage avec une adolescente souple est un sport. »



« Ce sont les livres qui donnent à la vie son cours normal. Ils s’imposent à nos actes, à nos gestes, à nos peines, à nos plaisirs. Il est impossible de concevoir la vie sans les livres, elle se résorberait et finirait pas disparaître. »



« La journée s’écoulerait bêtement et lentement, comme une rivière sans poissons devant l’ombre d’un pêcheur à la ligne. »



« Il devenait de plus en plus difficile d’établir une différence entre un homme intelligent et un imbécile. »



« Autrefois — elle se rappelait nettement la diversité charmante qui embellissait la vie — avec un peu d’argent et une toute petite personnalité un homme se distinguait d’un autre homme et l’échelle des nuances, en allant de bas en haut ou de haut en bas, variait les rapports sociaux à l’infini. »



« Il se tourna vers l’aimable silhouette de sa maîtresse et la digestion, en lui mettant le sang aux oreilles, lui permit d’imaginer des jeux amoureux, de quoi faire passer le temps, une heure, deux heures peut-être. »



« Tirant derrière soi un petit tapis pelé, il s’allongeait devant sa glace et, couché sur le dos, il s’efforçait de maigrir, malgré la résistance de la graisse protestant contre ce traitement. »



« Il inscrivait sur un cahier d’écolier l’adresse de tous les bordels du monde. Une indication de prix donnait à ce travail un semblant d’utilité. … ce chef-d’œuvre ne fut pas appelé à disparaître : des mains pieuses en avait grossoyé des copies. »



« Il est évident qu’il est inutile d’aller dans des maisons où l’on se sent chez soi, autant ne point franchir le seuil de sa propre porte. »



« “Si l’électricité devient une force intelligente et naturellement rebelle, nous sommes fichus.” »



« “Je ne mettrai plus de jargon dans mes livres… Cette langue vieillit trop vite et n’est praticable que pour ceux qui l’emploient quotidiennement sans prétention littéraire. Ses formes éphémères se décomposent le soir de leur naissance ; tel le parfum délicat d’une fleur au matin s’achève immédiatement à la voirie dans l’odeur de la pourriture. »



« — il faut être pour quelque chose ou pour quelqu’un !

— Je suis, en ce moment, en ce moment seulement, je vous prie de faire attention à cette nuance, je suis pour les choux bien pommés, le pot-au-feu suspendu à la gribouille, la tarte chaude et le vin clairet…

— Vous êtes opportuniste alors ! »



« Vous devez sentir que nous nous trouvons en présence de ces fantaisies historiques devant lesquelles les hommes les plus distingués sont priés de ne point donner d’avis. La situation est ainsi parce qu’elle est ainsi ; nous n’y pouvons rien l’un et l’autre. Il faut laisser la nature agir ; dans quelques années l’eau troublée redeviendra calme et la vase restera comme toujours au fond. »



« Prise en tranches minces la peur peut devenir une volupté. »



« Autour de vous, d’appartements en appartements, de paliers en paliers, des larves attendent la minute propice aux dénonciations et aux meurtres. Les révolutions, examinées du point de vue purement individuel, dépouillées de leurs orateurs et de leurs drapeaux jamais définitifs, ne sont que le triomphe du commérage. Rien au monde ne peut vous défendre contre des voisins que vous ne connaissez pas. »



« Ils visitaient les musées et regardaient dans tous les coins, en ayant l’air d’étudier la meilleure place afin d’y mettre le feu. »



« Entre les anciennes lois, maintenant abolies, et les nouvelles élaborations un peu hâtives, les instincts de la foule maintenait la tradition. »



« Toutes les filles du peuple sont mystérieuses en ce moment… La révolution est ainsi que l’explosion d’un volcan abyssal : le fond de la mer avec sa faune remonte à la surface. À cette heure, autour de nous, des milliers de poissons sans yeux remontent à la surface et cherchent désespérément leurs satisfactions quotidiennes. »



« Le partage des terres entre paysans du même village, malgré les efforts des commissaires du peuple, les fêtes alternant avec des exécutions capitales, les dénonciations calomnieuses et les tueries communales, s’annonçait, de jour en jour, comme une tâche de plus en plus décourageantes. »



« Il faut, si nous voulons demeurer vainqueurs, dissimuler les forêts elles-mêmes sous des toiles largement illustrées d’animaux décoratifs peints par nos artistes les plus résolus. »



Daniel Masclet: La Cavalière Elsa 





dimanche 21 juin 2015

… et les pauvres hommes toujours…


« Les femmes, toutes les femmes ou presque, me semblaient agréables. Certaines étaient jolies; je les accompagnais des yeux, leur demandant de trahir par un geste des formes moins visibles ou de me révéler, par je ne sais quel subtil et furtif échange, le charme qui devait émaner de leur intimité. Sous les fourrures, la jaquette d’un tailleur, les jupes aux plis seyants, le corps m’apparaissait. J’associais le mouvement des hanches à la tendre élasticité des cuisses, à leur rondeur émouvante, leur tiédeur animale. J’en avais un fourmillement au bout des doigts et une image pleine de molles délices s’insinuait dans mon esprit… » 
Francis Carco

jeudi 11 juin 2015

La promesse


C’est la première fois depuis cinq ans que je parviens à écrire une petite histoire. Bien courte, certes, modeste.

Ils se sont connus à la petite école. Ils ont grandi ensemble.
Elle épousa un milliardaire qui avait le double de son âge.
Par un beau soir d’été, sous une tonnelle, elle lui dit : Quand je serai veuve je t’épouserai. Il s’éloigna le long de la balustrade, le front studieux.
Chaque matin il pria pour que le milliardaire ne meure pas.
Le milliardaire mourut, très vieux. 
Par un beau soir, sous une autre tonnelle, il fit allusion à ce qu’elle lui avait dit autrefois. Mais mon petit chéri, je ne me rappelle même pas, c’était pour rire ! Il fit quelques pas sur la terrasse. Il s’éloigna le dos courbé. Il lui restait de longues années à vivre.

jeudi 21 mai 2015

Gwen CXIX


Il s’agit des questions du samedi 2 mai (léger retard)



1. J’ai une très vieille djellaba, que je porte comme robe de chambre. Certes je ne déambule pas souvent en public avec, mais je m’en suis servi un jour, il y a longtemps, pour le seul bal déguisé auquel j’ai participé de ma vie.

2. Non, ou je ne m’en souviens pas.

3. Oui. Mais en fait je n’aime pas ça, comme les jeux de mots, c’est un truc pour les habiles qui veulent montrer qu’ils savent écrire et sont modernes.

4. La semaine dernière, à Dessau, ou alentour, ou bien non ? La semaine d’avant ?

5. Non. Mais j’ai peur (pour mes livres).

6. La question que l’on pose à tout le monde tout le temps : «Ça va ?». (Comme je suis banal!)

7. J’aime bien le champagne dans une flute et la bière dans un bock.

8. Je n’aimais ni ne détestais.

9. Ni l’un ni l’autre mais j’aime tellement ça. Vivement que je sois grand-père. Ça reste un de mes derniers espoirs en ce monde.

10. Vous voulez dire que de nos jours il y a des personnes qui n’ont jamais poussé de brouette de leur vie ?



dimanche 26 avril 2015

Gwen CXVIII


Les questions de la semaine.



1. Des chiens vraiment bizarres, oui, dont Sigmund, mais animaux d’espèce exotique, non.

2. La Martinique, une île.

3. Non. Un jour, à Orly, j’ai failli aller ouvrir une valise devant la police qui dressait un « cordon de sécurité ». Pusillanime j’ai laissé faire. J’ai attendu. Et j’ai vu tous les vêtements du pauvre gars qui avait oublié sa valise voler en l’air dans tous les sens.

4.

5. Non. Mais je me demande tout de même si je n’aime pas les tomates et les carottes à cause de leur couleur.

6. Oui. La première. Les doigts dans le nez. Un super-poste dans l’informatique en 1972. C’était l’avenir. (Regretté-je?)

7. J’attends mon ami Benoît Desprez pour qu’il m’offre la plante (le bac à plantes) qui fleurira définitivement mon balconnet.

8. Non. Peut-on dire boycott si l’on n’achète plus tel produit parce qu’on vous a seriné qu’il était cancérigène ? D’un point de vue politique, idéologique, boycott et blocus sont toujours contre-productifs.

9. Ceux qui portent mon patronyme n’ont jamais rien fait, ils furent toujours des petits entre les petits, je ne m’en vante ni ne m’en attriste, c’est comme ça.

10. J’ai eu autrefois un cousin qui me racontait : c’est dur de dur. D’autre part, si l’on approfondit les principes… non ?





samedi 25 avril 2015

Gwen CXVII


Nous avons rattrapé notre retard. (Ici les questions.)

 
1. Je me déteste mais je déteste encore plus celui que j’étais avant. Deux points de vue : qu’est-ce que j’ai été con et qu’est ce que j’ai fait comme conneries. Ou alors : je m’améliore doucement (optimisme).

2. Oui, les cockers, mais après 1955 (Dolly) je n’en ai plus beaucoup fréquentés. Je me souviens d’une Diane à Génissac dans les années 70. J’aime leurs oreilles.

3. Plus ou moins, mais il va falloir que je m’y mette sérieusement, officiellement, devant notaire. Il est temps. (Je n’ai pas confiance en mes héritiers.)

4. Non.

5. Quand on vit en province la destination la plus courante, la plus désirée avec impatience est Paris. Je ne savais pas avant.

6. Je perds régulièrement connaissance. Moins maintenant que je sais gérer mes malaises vagaux.

7. J’aimerais bien mais non.

8. Oui, je n’ai pas encore suffisamment aider certaines personnes. Il me faudrait encore un peu plus de sous. 

9. Nulle part je crois. Si. Assis à la terrasse d’un café, ou, si je suis seul, j’écris ou bien je regarde les passants, ou, si je ne suis pas seul, j’écoute… (Je suis là à mon meilleur.)

10. Le cimetière du film Still Life, vu hier. (Bizarre… je n’aurais pas dit… mais je ne triche pas…)




 


lundi 20 avril 2015

Gwen CXVI


Les questions de samedi en quinze…


1. Je ne me rappelle pas… une voiture peut-être, il y a longtemps ? Ou alors, autre réponse : j’ai loué l’attitude de mes enfants qui m’ont bien aidé, ont été impeccables lors de ce satané déménagement.

2. Oui. De dix à vingt ans. C’est devenu un lieu de ma mythologie personnelle. C’est «ta ville blanche» me disait Bénédicte. Et pas que pour moi puisque plusieurs de mes amis qui passaient leur été en cet endroit au même âge, ce sont installés là-bas pour leur vieux jours.

3. Oui. Hier.

4. Je n’aime pas du tout les photos dites «d’art»; et aujourd’hui, photographier en noir et blanc est, il me semble, artificiel. une posture. Je reconnais toutefois qu’au début de la photographie et tout au long du XXe siècle, il y en eut de splendides.

5. Le plus souvent possible… (voir réponse suivante).

6. … mais jamais seul. Le restaurant c’est le partage, bavardages et confidences, éclats de rire, douceur, chaleur de l’amitié.

7. Qui n’en a jamais reçu? Il faut vraiment rester calfeutré chez soi, et encore, ça passe par la fenêtre, quand, en piqué, le goéland, etc.

8. Non. Déjà qu’à pas de distance c’est bien compliqué alors…

9. Ni aimé, ni détesté, c’est curieux comme au bout du compte cela m’a peu marqué.

10. Pourquoi l’île ?


samedi 4 avril 2015

Gwen CXV


Les questions sont au même endroit, Sur l’île


1. Peut-on dissocier l’un de l’autre ? Comme disait Flaubert : «Tant qu’on ne m'aura pas, d’une phrase donnée, séparé la forme du fond, je soutiendrai que ce sont là deux mots vides de sens… »

2. Aller aux Lofoten et à Rannoch Moor (ne pas choisir entre les deux).

3. Aucun. C’est-à-dire : il y en a ou il n’y en n’a pas. Ainsi je le donne facilement quand j’en ai, mais je n’ai pas de scrupule à en demander ou à profiter des autres (des plus riches) quand je n’en ai pas. (Bon, c’est plus compliqué : aujourd’hui je suis gêné d’en avoir autant…)

4. À la fac il y avait un type dont nous ne cessâmes, Françoise, Manuela et moi, inséparables alors, de nous moquer durant toute l’année. L’année suivante Françoise et Manuela m’avaient abandonné pour suivre un autre cursus. Ce type devint mon meilleur camarade.

5. Oui. Ma première écoute de musique, avant la radio, et bien avant la musique IRL. Je crois me souvenir que c’était Savez-vous planter des choux

6. Cela ne me coûterait pas si l’on ne me faisait pas si souvent comprendre que l’on n’a pas envie de me le rendre ce service.

7. Une quinzaine de jours.

8. On va dire Olivia. Qui n’était pas de mes “amis”, qui déclara sur facebook qu’elle en avait marre des “pokes”, que j’ai immédiatement “pokée”, et qui est devenue une de mes plus chères amies IRL.

9. Je n’aime pas trop ça. enfant je préférais déjà du pâté ou du camembert.

10. Mes bagages. Je pars. Je repars.