lundi 10 juin 2013

Le questionnaire de Proust


J’imagine que ça a dû pas mal circuler à la bonne époque des blogs. J’y ai répondu deux ou trois fois dans ma vie, à des décennies d’intervalle. Je devrais pouvoir retrouver les papiers au fond d’une vieille malle. J’y répondrai sans doute encore une fois, ici — un soir d’ivresse — par exemple. 


1. — Le principal trait de mon caractère.
2. — La qualité que je préfère chez un homme.
3. — La qualité que je préfère chez une femme.
4. — Ce que j’apprécie le plus chez mes amis.
5. — Mon principal défaut.
6. — Mon occupation préférée.
7. — Mon rêve de bonheur.
8. — Quel serait mon plus grand malheur ?
9. — Ce que je voudrais être.
10. — Le pays où je désirerais vivre.
11. — La couleur que je préfère.
12. — La fleur que j’aime.
13. — L’oiseau que je préfère.
14. — Mes auteurs favoris en prose.
15. — Mes poètes préférés.
16. — Mes héros dans la fiction.
17. — Mes héroïnes favorites dans la fiction.
18. — Mes compositeurs préférés.
19. — Mes peintres favoris.
20. — Mes héros dans la vie réelle.
21. — Mes héroïnes dans l’histoire.
22. — Mes noms favoris.
23. — Ce que je déteste par-dessus tout.
24. — Personnages historiques que je méprise le plus.
25. — Le fait militaire que j’admire le plus.
26. — La réforme que j’estime le plus.
27. — Le don de la nature que je voudrais avoir.
28. — Comment j’aimerais mourir.
29. — État présent de mon esprit.
30. — Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence.
31. — Ma devise.


dimanche 9 juin 2013

Piccioletta barca


«O voi che siete in piccioletta barca,
desiderosi d’ascoltar, seguiti
dietro al mio legno che cantando varca,
tornate a riveder li vostri liti:
non vi mettete in pelago, ché forse,
perdendo me, rimarreste smarriti.
L’acqua ch’io prendo già mai non si corse;
Minerva spira, e conducemi Appollo,
e nove Muse mi dimostran l’Orse.»





jeudi 6 juin 2013

La formation des enseignants



Une rapide recherche Google permettra de retrouver rapidement les auteurs des thèses ici présentées. 
(J'ai eu la flemme de corriger l’orthotypo…)


«Les auteurs qui se sont intéressés à la pratique des éducateurs sociaux s’accordent à penser que l’agir de ces derniers procède avant tout d’un engagement quotidien, d’un souci de l’autre porté par des gestes actualisés en situation, pratique dont la mise en intelligibilité fait appel à une logique plurielle, or, depuis l’introduction de la gestion managériale et de la sémantique des compétences dans le champ de l’éducation sociétale, l’activité des éducateurs se trouve placée sous un éclairage réducteur qui s’intéresse aux seuls faits et gestes mesurables, aussi, afin de rompre avec une pensée positiviste binaire, nous avons opéré grâce à un changement de paradigme en optant pour une approche esthétique (et éthique) qui conçoit l’agir humain non pas morcelé, mais envisagé comme une globalité, d'autant que, corollairement, une telle approche coïncide particulièrement bien avec l’activité des éducateurs qui se singularise par un entremêlement des dimensions corporelle, affective et réflexive, en conséquence de quoi, nonobstant la singularité de l'approche sociologique, cette hypothèse, nous l’avons mise à l’épreuve grâce à une enquête de terrain menée au travers d’une observation participante dans deux structures éducatives des régions genevoise et grenobloise; ainsi, nos analyses reposent sur les contributions de chercheurs, majoritairement situés dans le courant esthétique et pragmatiste, qui se sont intéressés aux théories de l’action, et nos observations ont dans une large mesure permis de crédibiliser notre hypothèse, nous permettant, d’une part, d’identifier quelques axes majeurs qui contribuent à la construction d’une épistémologie de l’agir des éducateurs et, d’autre part, d’ouvrir quelques perspectives pour la formation des praticiens.»

«Construit en multiréférentialité, sur les postulats de la psychologie socioculturelle de Vygotski, de l’analyse clinique de l’activité (Y. Clot), de l’ergonomie de l’activité, cette étude a pour finalité de construire une intelligibilité des pratiques, habitus et singularité entremêlés, dans une approche compréhensive et développementale des actions de préparation, comme « une présence au futur » .Quel(s) liens font les enseignants entre le sens, la forme et les modalités de leur action anticipatrice de préparation et le cours d’action de leur conduite effective de la classe, leur pilotage des tâches, dans la complexité d’une situation d’enseignement-apprentissage, à l’école élémentaire au cours d’une expérimentation de terrain en autoconfrontation croisée ?Cette PROBLEMATIQUE s’organise dans une démarche descriptive et compréhensive autour de trois HYPOTHESES : L’hypothèse 1, sur la nature de la pratique - chaque professionnel interprète différemment la préparation. L’hypothèse 2, entre ce sur quoi porte l’anticipation de la séance (facilitant ou non la gestion de l’imprévu) et son pilotage effectif. L’hypothèse 3, sur les prolongements possibles en formation.La METHODE, une « quasi-expérimentation », permet l’accès à la réalité quotidienne des pratiques, dans un espace de co-construction praticiens / chercheur, en appui de l’autoconfrontation qui permet de «faire vivre la conscience pour l’étudier» (Vygotski), lorsque celle-ci est mise à disposition d’un collectif professionnel, constituant le corpus, arrêté, in fine, sur cinq acteurs singuliers, pour une recherche de typicalité de cas d’enseignants.Les INDICATEURS d’analyse, organisés autour des traces et des conceptions de la préparation, permettent d’éclairer le paradigme d’anticipation et la préparation :- Il existe plusieurs configurations déterminées par le rapport au support-outil et la gestion des interactions langagières.- Le déroulement effectif de la classe est le résultat d’un système d’interactions entre le pilotage à partir de la préparation et les interprétations, incertitudes majeures, que les élèves font des tâches. - En anticipant avec le cadre linéaire de la préparation « canonique » l’enseignant pilote du linéaire, a contrario de l’apprentissage et n’intègre pas de possibilité d’improvisation . Ce n’est pas un outil suffisant du métier, il permet d’établir des relations de détermination, mais peu de relations de signification : l’interprétation reste donc en tension. Pour résoudre cette tension, on peut envisager une voie complémentaire, au croisement d’une clinique de la relation éducative et d’une clinique de l’activité : une post-paration individuelle et collective. Cette POST-PARATION – qui permet de problématiser, d’introduire quelque chose qui n’est pas dans le constat de situation et de se positionner dans cette présence au futur pour permettre l’ajustement de l’action - corrélée avec le style professionnel, en lien avec le genre est constitutive d’un capital de mise en mots et d’un répertoire de mise en actes, qui sont des ressources pour préfigurer l’action.»

lundi 3 juin 2013

Deux adieux par jour

Chaque jour est un adieu. Depuis quelques jours Maman me salue lorsque, prêt à partir, sur le pas de sa porte, je lui fais un signe de la main. Elle lève très doucement, à peine, son bras tendu, les doigts largement écartés. Elle tente de diriger la paume de la main vers moi. Elle est enfoncée au creux de son lit, et je ne peux m’empêcher de penser au bras que l’on voit une dernière fois sortir de l’océan, le bras du marin qui s’est débattu de longues heures et qui émerge une dernière fois avant de sombrer définitivement dans les abîmes.

dimanche 2 juin 2013

Il y a du nouveau…


Une nouvelle résidente est arrivée à la maison de retraite. Cherche-t-elle à se faire remarquer? Elle n’est pas sage avant les repas, vers onze heures et autour de six heures du soir. Elle pousse alors son cri de guerre qui résonne dans tous les couloirs. Tatata tata (sol, sol, sol, do, sol). Comment dire… c’est un son bien rythmé, entre le tir d’une mitrailleuse et le caquètement de la poule. Elle le reprend toutes les dix secondes et ça peut durer une demi-heure. Les infirmières ont accueilli cette nouvelle agitation avec le sourire.



vendredi 31 mai 2013

FB mai 2013


«— L’Élixir végétal de la Grande-Chartreuse: élaboré selon la recette originale fournie en 1605, sa fabrication nécessite 130 plantes, pour un degré d’alcool de 69°. Il se consomme en grog, dans des infusions ou sur un morceau de sucre. Il titrait 71° jusqu’en janvier 2010 mais le degré d’alcool fut abaissé par directive européenne.
— La Chartreuse verte: sa couleur unique est due aux 130 plantes qui la composent (le pigment vert essentiel est la chlorophylle), et son degré d’alcool est de 55°. Elle se déguste en général glacée, en digestif ou en cocktails.

— La Chartreuse jaune: fabriquée avec les mêmes plantes que la Verte mais dans des proportions différentes, elle est plus douce et plus moelleuse et titre à 40° d’alcool. Le pigment naturel qui lui donne sa couleur est le safran.» (wikipedia)

My Sweet Lilie: «S’il vous plaît promets, mon chevalier en armure, étincelante que vous permettra toujours de corriger mes erreurs de langue et épargner pas mes sentiments ! Je n’ai pas de sentiment là. Je me considère donc très (je suis narcisissiste) que vous ne pouvez pas m’insulter.»
L’Home Charmante: «Moi pas bien comprendre! They are not Beatles! They are men that appreciate Rousseau and being honored to visit his house.»

Conclusion: «You Europeans are hardier folk than Americans, and don’t let anyone tell you otherwise!»

Tristan et Isolde (Py, Genève), j’ai rarement vu plus laid et désagréable (mise en scène, lumières). Isolde et Tristan ressemblent aux bidochons (bon, d’accord, ce n’est pas de leur faute, et ils ne chantent pas mal — c’est la moindre des choses).
Quant au chien Sigmund Freud, qui d’habitude ne hurle à la mort qu’au passage des sirènes (pompiers, police, ambulances), eh bien là, il est aussi fou qu’un loup dans le Grand Nord au clair de pleine lune.

Sur flickr on n’a jamais tant vu ma bobine — en bonne compagnie.

T’es journaliste? T’es politicien? Viens là voir un peu, approche-toi, tu vas vite comprendre, je vais t’en faire moi de la pédagogie!

Qu’il soit journaliste à Télérama, présentateur de FR3, ou ami facebook, le premier qui me présente un “artiste” décalé, un livre décalé, ou un film décalé, je me réserve le droit d’exercer à son encontre ma pédagogie personnelle.

«Plus personne ne devrait justifier la domination, c’est-à-dire la réduction organisée de l’être de ceux qui n’ont pas ce que possèdent les dominants. L’appropriation des ressources économiques, culturelles et politiques comme moyens de domination, conduit à la destruction de la nature, à l’appauvrissement social, et aux dérives des pouvoirs vers le mensonge et la violence. C’est pour cela que la statue des frères de Maistre devrait être conduite au musée. Je le demande contre l’anomie qui frappe les moins armés, dissolvant la confiance qu’on peut attendre des symboles que l’on nous offre, des mots que l’on nous dit. Je le demande pour que les objets n’occupent pas une place insensée, pour que ceux qui se disent responsables sortent de leur impuissance volontaire qui donne envie de vomir à la jeunesse.
« Les musées et les amis des frères devraient ne pas trop longtemps délibérer. L’objet est odieux à dominer les rues comme ça, emblème d’un monde que le peuple se prépare à rénover pour vivre. Il y a dans les musées un espace pour les vieilles choses, c’est là que devraient reposer les frères de Maistre, en toute quiétude.»
Michel Haudry, adjoint en charge de la jeunesse à la mairie de Chambéry

«Florence, après Rome, c’est du bouillon de poulet après le whisky.»

«Je croule sous cet amas d’obligations, de rapports avec autrui, qui s’accroissent d’année en année, à donner le vertige, à donner la tentation de s’enfuir une bonne fois pour toujours, sans laisser d’adresse…» (RMG).

Dans l’histoire du monde, les deux seuls pays qui ont décidé d’abolir l’esclavage, et de lutter contre, avec une claire et grande conscience, furent la Grande-Bretagne et la France dans la première moitié du XIXe. Toute la suite en découle. Gloire, honneur et éternelle reconnaissance à ces deux pays!

«Et il y aurait du bon vin; et on danserait comme des guedins!»

«Les meilleurs amis du libertin conscient et organisé sont, par ordre alphabétique, son boucher, son caviste et son gargotier. Son confesseur, indispensable lui aussi, vient en quatrième position» (Matzneff, via journal de RC).

«Le relâchement vestimentaire peut avoir son attrait (sexuel) chez les sujets de moins de trente ans, ou quarante, ou cinquante, depending. Mais, à mesure que les années passent, c’est dans les bras de la forme, voire du formalisme, de la contrainte, qu’il faut se jeter» (RC).

(J’attends un peu avant de prendre de nouvelles résolutions…)

Anniversaire:
 le 13 mai 1829 Alexandre Pouchkine a demandé la main de Natalia Gontcharova.





La télé est hallucinante. Ils ne cessent d’accuser les “ultras” (racistes blancs d’extrême droite) et ne nous montrent que des casseurs de banlieue.
(#LeMondeEstBizarre)

À l’hôpital, en bas, dehors, là où tous les éclopés se réunissent pour fumer:

«Moi je suis ici parce que j’ai une tendance à boire… y a pas de mal, hein, c’est une maladie comme une autre?»

Culture.

1. Gatsby le Magnifique (le film): «C’est comme si Luc Besson adaptait Proust» (Le Monde);
2. «Nous recevons un des plus grands écrivains d’aujourd’hui: Michel Le Bris» (France Musique)

La vie contemporaine.
Ma mère a été transférée de la maison de retraite à l’hôpital pour être opérée. Malgré les demandes des infirmières, hier après-midi et ce matin, l’anesthésiste «a refusé de se déplacer».
Qu’à cela ne tienne! On la remmène à la maison de retraite. Et on l’opérera une autre fois!

Puisque le gouvernement éprouve quelque difficulté à rédiger sa nouvelle Constitution — il ne sait pas trop comment remplacer le mot “race” — je lui propose de reprendre la formulation de saint Paul: «Il n’y a plus ni juif ni grec, etc.»

la citation du jour: «Dissident! Déviationniste! Sécessionniste! Révisionniste! Crépusculaire!» (appliqué à moi).

Note à celle qui se reconnaîtra: Les aspirateurs ne sont pas faits pour aspirer les mégots.

Si tu te plains que le ministre de la culture soit allé aux obsèques de Moustaki et pas à celles de Dutilleux, t’es bien rétrograde…
(À part ça, ne cherche pas les arènes de Fréjus: il n’y en a plus.)

La phrase qui me fait rire: «Fils d’un notaire de Chambéry et élevé dans un catholicisme rigoureux, il s’en était libéré à 15 ans par la lecture de Jean-Paul Sartre.»

Nom de Dieu! Une éclaircie. Croquer dans le chorizo en sirotant son Ballantine’s sur la terrasse… et le chienchien veut que je joujoue à la baballe…

Je fais mon coming out:
 J’ai été follement touché par certains vers d’Apollinaire, je n’ai jamais éprouvé le désir d’aller voir plus loin. Jamais lu.

La semaine dernière j’ai vu des Signac, des Van Dongen, des Vlaminck, des Cross, des Derain, des Van Rysselberghe, et même des Guigou et des Loubon, eh bien ce sont les deux Matisse qui m’ont fait bâiller.

«On ne meurt pas d’amour à Saint-Tropez.»


Sans titre


«Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse,
Comme un essaim d’oiseaux, chante au bruit de mes pas»
Musset


jeudi 30 mai 2013

Où vivre ?


« Habiter Manosque, pourquoi pas ?
— T’es fou ! tu te ferais draguer par toutes les institutrices à la retraite du voisinage… »


mardi 28 mai 2013

Gide à Martin


«Vous savez, m’a-t-il dit, je n’ai pas envie de vous revoir: c’est un besoin… Vous êtes le seul que je… enfin, je ne veux pas faire de phrases… Mais n’y mettez pas de discrétion stupide: je demande à passer avec vous tout le temps que vous pourrez me donner! Donc, à demain.»

jeudi 16 mai 2013

Ada, début du chapitre XXII



My sister, do you still recall
The blue Ladore and Ardis Hall?

Don’t you remember any more
That castle bathed by the Ladore?

Ma sœur, te souvient-il encore
Du château que baignait la Dore?

My sister, do you still recall
The Ladore-washed old castle wall?

Sestra moya, tï pomnish’ goru,
I dub vïsokiy, i Ladoru

My sister, you remember still
The spreading oak tree and my hill?

Oh! qui me rendra mon Aline
Et le grand chêne et ma colline?

Oh, who will give me back my Jill
And the big oak tree and my hill?

Oh! qui me rendra, mon Adèle,
Et ma montagne et l’hirondelle?

Oh! qui me rendra ma Lucile,
La Dore et l’hirondelle agile?

Oh, who will render in our tongue
The tender things he loved and sung?


mardi 14 mai 2013

Neuvième semaine


L’infirmière :
«Nous avons fait sa toilette, vous pouvez rentrer dans la chambre et bavarder avec elle.
— Bavarder… c’est vite dit…
— Vous pouvez faire la conversation avec les yeux et avec le cœur. »


jeudi 2 mai 2013

Une amie



Je n’avais pas revu Sylvie depuis une dizaine d’années. Cela fait plaisir de la revoir.
«Tu dois me trouver vieilli?»
«Je t’ai toujours trouvé vieux», me répond-elle.
(Elle a dix ans de moins que moi…)