jeudi 31 juillet 2014

Mercredi 31 juillet 2013



La doctoresse a dit encore: 
«On peut diminuer progressivement l’oxygène… lui donner de la morphine… laisser faire la nature…» 
Mon frère est pour, si bien pour qu’on se demande s’il n’est pas pressé de rembourser son prêt à sa belle-sœur. 
Michelle est très opposée à l’injection de morphine, elle prétend que c’est pour le confort du corps médical, que ça n’apaise pas les patients, qui entre en délire. Elle a de l’expérience: son père, sa sœur, son mari…
Hier soir la doctoresse a diminué l’oxygène, mais pour la raison qu’en envoyer trop peut aussi faire du mal, être contre-productif. 
 
10 heures, j’arrête, je vais chercher mon frère qui arrive à la gare.

Ce soir: elle a les yeux grand ouverts. Quand on passe la main devant rien ne se passe. Je fais tomber une chaise qui fait beaucoup de bruit: rien n’arrive. Je lui serre la main, je lui tords la main pour lui faire mal: aucune réaction.


[Ma mère est morte le 31 juillet 2013 peu avant minuit. Sans nous. Seule. Mon frère et moi l’avions quittée au début de la soirée. Cela ne sert à rien d’avoir du remords. Et puis, que savions-nous? Combien de temps cela allait-il durer? On ne fait jamais ce qu'il faut. Ainsi mon père, en bonne santé, je ne lui ai pas dit “au revoir” ce soir-là.]
 

mercredi 30 juillet 2014

Mercredi 30 juillet 2008


Retour à Chartres. Les trois frères: 
Ivan = E ; Aliocha = D ; Dmitri = Patrick. Bon, c’est des bêtises.
 
J’aime beaucoup Dave (que je tiens à prononcer dave, “a” français) et C. Jérôme. 
 

mardi 29 juillet 2014

Samedi 29 juillet 2000

 
Même les atomes ne sont pas éternels et la vie de l’homme va de deuil en deuil. 
 

2 mars 1917



«Au printemps les jardins étaient blancs de fleurs, le jardin des Tsars s’habillait de vert, le soleil défonçait toutes les fenêtres, y allumait des incendies. Et le Dniepr! Et les couchants! Et le monastère Vydoubetski sur les pentes. Une mer de verdure dévalait de terrasse en terrasse jusqu’au Dniepr souriant et diapré. L’épaisseur des nuits d’un bleu noir au-dessus de l’eau, la croix de Saint-Vladimir éclairée à l’électricité, suspendue dans le ciel…
Bref, une ville splendide, une ville heureuse. La mère des villes russes.
Mais c’étaient là des temps légendaires, ces temps lointains où les jardins de la plus belle ville de notre patrie abritaient une jeune génération insouciante. Alors, oui, alors dans les cœurs de cette génération s’ancrait la conviction que toute la vie se passerait en blanc, sereine, calme; les aubes, les couchants, le Dniepr, le Krechtchatik, les rues ensoleillées l'été et, l’hiver, une neige sans froidure, sans rudesse, une neige épaisse et tendre…
Et c’est tout le contraire qui est arrivé.
Les temps légendaires se sont cassés net et l’histoire a fait son entrée, une entrée soudaine et terrible.» 
Boulgakov



lundi 28 juillet 2014

Samedi 28 juillet 2001


Les derniers mots de l’équipage du Concorde avant l’écrasement: «Le badin, le badin!»
Hier soir un peu déprimé, […]
Mais à peine arrivé à Chatou j’ai un message sur mon répondeur, de Charlotte (en ce moment, elle appelle tous les jours), mais je ne peux lui parler (car cinq minutes plus tard elle est chez elle avec son mari; elle part en Vendée avec ses enfants, je crois, ou de la famille, d’où elle promet de m’appeler lundi ou mardi, […]
sur l’autre répondeur: «je voulais juste savoir si tu étais vivant». Je ne répéterai jamais assez que je ne veux pas la rendre malheureuse, mais que, quoi que je fasse, je la rendrai malheureuse.
Toujours sur mon répondeur un type me propose du travail (comme tous les ans à la même date les éditeurs se paniquent, leurs correcteurs sont partis, et les pékins comme moi sont utiles, mais je viens de récupérer un boulot sur les arbres du jardin auquel s’ajoutent mes deux annales à finir pour lundi matin).
Aujourd’hui des millions de personnes sur les routes, dont la mère de mes enfants et mes chéris qui vont prendre la route du retour, et je vais m’inquiéter toute la journée, et je sais qu’ils ne me téléphoneront pas. 
Ces deux derniers jours, grosses chaleurs qui finissent le soir en orage. Je ne sais toujours pas quoi faire en août avec les enfants, côte atlantique, ou Embrun, ou au dernier moment n’importe où, ce que proposent les voyagistes en solde, on verra bien.
D m’a appelé, il a publié deux textes […]  croire que l’on va loin parce qu’on écrit qu’un jeune garçon aime sa maman parce qu’elle le masturbe, quelle puérilité!
Midi, Charlotte appelle, de la librairie; elle me demande des conseils de lecture pour les vacances, je ne vois pas, sauf La Conversation amoureuse; je la rappelle cinq minutes plus tard (elle est toujours à la librairie en train de se faire fourguer une pléiade de mauvais livres par la libraire) pour lui suggérer Belle du seigneur (je n’ose Ada), la libraire ne l’a pas, («oh, c’est un vieux livre», dit-elle).
Nous avons du mal en ce moment à passer une journée sans nous parler, elle vient cette après-midi avec la ferme intention de ne rester que cinq minutes, sous prétexte de prendre le livre d’Anne Wiazemski, mais aussi parce qu’elle veut me voir, avec l’intention de ne pas rester, de ne rien commettre de malhonnête (bien sûr), mais parce qu’elle a envie, autant que moi, de me voir, de juste un baiser léger, et c’est tout. Et elle peut ne pas venir, elle est toujours imprévisible, inattendue, mais la plupart du temps bellement inattendue, avec d’heureuses surprises. Mais il ne faut jamais compter sur elle, ce sont des cadeaux de sa présence qu’elle fait, par surprise, jamais en prévenant à l’avance, jamais planifiés, donc d’autant précieux, d’autant petits trésors, à garder ensuite dans sa mémoire.
Charlotte est venue vers trois heures et demie, pour rester cinq minutes, elle n’est repartie qu’à cinq heures et demie. C’est elle qui vient se blottir dans mes bras, puis nous allons nous allonger sur le lit, mais très sage, défense de déboutonner le soutien-gorge, baisers, caresses, câlins, tendresse, belle et folle agenouillée au-dessus de moi les cheveux en bataille lui cachant à moitié le visage. Elle a du mal à se décider à partir, elle part enfin avec quelques livres, dont La Conversation amoureuse […].
J’appelle à la maison, ils sont tous bien rentrés. Je parle à Modigliani, elle qui ne perd jamais le nord me dit qu’elle voudrait bien que je lui offre un billard, elle ajoute «pour Noël». Ainsi vit-elle dans l’avenir son retour de bains de mer. Ils sont contents apparemment tous de leur séjour. […] Je suis hors mais que leur vie soit assez douce, c’est tout ce que je souhaite. Je vais essayer de trouver une location pas chère à Royan pour les deux dernières semaines d’août. Si je peux la payer…
Long appel à Michèle. Rien de neuf pour elle. Elle a changé d’homme, mais encore un homme marié. Elle n’a pas travaillé pour passer son concours, elle vit, petitement mais assez bien. Son fils a eu son bac, enfin! il va faire un iut biologie (eau) à Digne, c’est bien pour lui. Je lui ai dit que nous n’irions pas à Embrun cette année. Elle passera peut-être me voir à Paris en octobre.

dimanche 27 juillet 2014

Mardi 27 juillet 2010


Aujourd’hui les 100 ans de Julien Gracq et les 70 ans de ma cousine. Je l’ai eu au téléphone, elle puis son frère pour une histoire de petit chat que je dois aller chercher à Pomponne et ramener en Bretagne.
Deux nuits de suite j’ai rêvé de mes filles aînées, comme d’habitude ce sont des rêves heureux de retrouvailles.
La nuit dernière c’était de Nicole R que je rêvais. Elle avait trouvé dans son grenier des tableaux peints par Hitler. (Nicole est juive.) Quelle salade que ces rêves!

samedi 26 juillet 2014

Jeudi 26 juillet 2007


Récapitulons: 
la clé USB qu’il devait me rendre au bout de cinq minutes; 
toute la nourriture du congélateur que nous avons jetée parce qu’il a laissé la porte ouverte (à moins que nous nous accusions ma fille ou moi, et il est vrai que c’est de l’ordre de l’improbable mais du possible); 
les traces de pipi frais qui jonchent le sol des chiottes quand il en sort; 
la bouteille de whisky vide retrouvée derrière les livres de la bibliothèque; 
la sorte de pyjama blanc taché de jaune, jaune que souligne D, «mais tu t’es pissé dessus!», évidence qu’il nie devant nous deux, pyjama que j’ai retrouvé planqué derrière un meuble, que je me suis empressé de jeter, quitte à supprimer la preuve de l’événement; 
le fait qu’il dorme avec un seul drap, donc à même le matelas, sans mettre de taie aux oreillers; 
et ce soir la merde collée à la lunette des toilettes. 
N’en est-ce pas trop ?

vendredi 25 juillet 2014

Vendredi 25 juillet 2008


Maman ne s’est pas remise de la journée. Elle n’a presque pas quitté sa canne. Elle a embrassé Charles, nous avons éteint sa télévision et sa lampe. Je l’ai accompagnée jusque dans sa chambre. Se rétablira-t-elle comme elle s’est rétablie, rapidement, il y a quinze jours (et dans ce cas il faut souligner que les deux incidents sont bien rapprochés), ou est-ce que je me cache la vérité, et qu’aujourd’hui a eu lieu une nouvelle étape de son affaiblissement? Suite demain. 
 

jeudi 24 juillet 2014

? 24 juillet 1966


Le 24 juillet 1966, jour des diamants dans la poitrine, était un dimanche.
Aller vérifier sur un vieux calendrier!


mercredi 23 juillet 2014

Jeudi 23 juillet 2009


«L’un des derniers grands souvenirs fut un long entretien sur le trottoir face au Luxembourg. Une heure, peut-être, l’une des plus belles de ma vie; de la sienne, je ne sais; sans doute quelque peu. Et je n’entendis plus cette musique.» 
Goubert sur Braudel


mardi 22 juillet 2014

Dimanche 22 juillet 2001


Surprise: Charlotte m’appelle à l’instant (12 heures 39), elle est libre cette après-midi, nous allons à Paris en rer tous les deux. Même si elle ne veut pas se l’avouer, je pense qu’elle est réjouie comme moi que son mari soit parti, qu’elle m’a appelé aussi vite que possible et qu’elle craignait que je ne sois pas libre. 
 

lundi 21 juillet 2014

21 juillet XXXX


1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 
Jours anniversaires de la mort de mon père.