vendredi 15 novembre 2013

N’importe quoi


J’ai acheté:


Jean Guitton, Portrait de Monsieur Pouget, coll. «Le Livre de poche chrétien»
Jean Hougron, Les Portes de l’aventure, coll. «Le Livre de poche»
Maurice Barrès, La Colline inspirée, coll. «Le Livre de poche»
A. J. A. Symons, À la recherche du baron Corvo, Gallimard
Soljénitsyne, Le Chêne et le veau, Seuil
Teilhard de Chardin, Genèse d’une pensée, Lettres, Grasset
Francis Carco, Les Innocents, coll. «Le Livre de poche»
Raïssa Maritain, Journal de Raïssa, DDB
Henri Thomas, John Perkins, Gallimard
Paul Hazard, La Crise de la conscience européenne, Boivin
Graham Greene, À la recherche d’un personnage, Laffont
Marc Ferro, Des soviets au communisme bureaucratique, coll. «Archives»
Robert Kalbach, Olivier Lebleu, Meyer et Schirlitz, les meilleurs ennemis, La Rochelle, septembre 44-mai 45, Geste éditions
Claude Mauriac, Le Dîner en ville, Albin Michel
Jean Gimpel, Les Bâtisseurs de cathédrales, coll. «Le temps qui court»
Henri Caffarel, Lettres sur la prière, Éditions du feu nouveau
Olivier Chaline, Le Règne de Louis XIV, Flammarion
Auguste Valensin, La Joie dans la foi, Aubier
Emmanuel Mounier, Lettres, carnets et inédits, Seuil
Georges Casalis, Luther et l’Église confessante, coll. «Maîtres spirituels»
Bernard Sesboüé, La Résurrection et la vie, Petite catéchèse sur les choses de la fin, DDB
Joachim Jeremias, Théologie du Nouveau Testament, I. La prédication de Jésus, Cerf
Joachim Jeremias, Paroles de Jésus, le sermon sur la montagne, le Notre Père, Cerf
Cardinal Lustiger, La Messe, Bayard
Bruno Chenu, La Trace d’un visage, De la parole au regard, Centurion
François Leprieur, Quand Rome condamne, coll. «Terre humaine»
François Mauriac, Vie de Jésus, Flammarion
Louis Hurault, Guide Terre sainte, routes bibliques, Fayard
René Girard, Je vois Satan tomber comme l’éclair, coll. «le Livre de poche»
Romano Guardini, Vie de la foi, Éditions de la revue des jeunes
Emmanuel Mouier, Carnets de route, Feu la chrétienté, Seuil
Georges Goyau et al., Ozanam, Livre du centenaire, Beauchesne
Joachim Jeremias, Les Paraboles de Jésus, Éditions Xavier Mappus
L. Grollenberg, Atlas biblique pour tous, Sequoia
Jean Meyendorff, Saint Grégoire Palamas, co ; «Maîtres spirituels»
Angèle de Foligno, Le Livres des visions et instructions, coll. «Points Sagesses»
Émile Dermenghem, Mahomet et la tradition islamique, coll. «Maîtres spirituels»
Henri Bremond, Newman, II, Psychologie de la foi, Bloud
Hans Urs von Balthasar, Credo, Nouvelle Cité
Yves Congar, Entretiens d’automne, Cerf
Yves Congar, Au milieu des orages, Cerf




Mercredi 15 novembre 2000



Rien. 

jeudi 14 novembre 2013

Mardi 14 novembre 2000



Le film de Wong Kar-wai ne m’a pas réussi : rechute du rhume, bientôt la bronchite, puis la pneumonie, et enfin le doux hôpital où l’on vous câline… Hier j'ai donc vu un film magnifique : In the mood for love.
[…] J’ai un peu de mal avec mes contemporains. Pendant une des plus belles scènes d'amour, la salle a ri, oui, elle a ri!

Pour la première fois j’appelle ma psy pour lui dire que je ne viendrai pas. 
Ma fille virée du cours de math : elle trouve ça trop facile, s’y ennuie et chahute. Finalement mes enfants me plaisent bien.


mercredi 13 novembre 2013

Dimanche 13 novembre 2005



Michel Devèze Antilles, Guyanes, la mer des Caraïbes de 1492 à 1789
Paul Butel, Histoire des Antilles françaises.
Dommage que ces historiens soient si lourdingues, que l’édition universitaire soit bourrée de coquilles. Tout le monde ne peut pas être Braudel, mais quand même, faut pas exagérer!…
L’atroce histoire de la page 315: organisation de la colonisation blanche de la Guyane vers 1765 (leurs dates sont imprécises, ou oubliées; dans le Butel il a omis de donner le chiffre des victimes de la montagne Pelée!), les 10 000 départs, les 7 000 morts, les survivants qui repartent vers des cieux plus cléments. En 1778 un arrêt interdit les mariages “mixtes” en France mais pas aux Antilles, en revanche tout Noir qui vient en France est affranchi, il ne saurait y avoir un esclave sur le “territoire national” (15 000 esclaves alors sur le territoire anglais). On se demande ce que les êtres humains ont dans la tête.
C’est le destin des papas de donner des sous, des sous, encore des sous, jusqu’au sang, de s’occuper de fermer les fenêtres, de faire la vaisselle, étendre le linge, aspirer quand il faut, se faire engueuler quand on oublie ou qu’on ne le fait pas au bon moment.
Cette après-midi visite de la villa Savoye, Corbu pur jus, il faut lire les lettres de madame Savoye qui se plaint qu’il pleut dans la cuisine, que la maison est décidément inhabitable, et la lettre du Corbusier qui lui conseille d’ouvrir un livre d’or comme cela elle aura de “jolis” autographes. Je ne sais pas si j’aime cette bâtisse, je ne sais pas si je comprends quoi que ce soit à l’art en général. Je sais que je ne sens rien. À la collégiale, je ne comprends rien, me pose la question de ce romano-gothique alors que cela crève les yeux, mais il faut qu’on me le dise, en l’occurrence le guide, mais oui, évidemment, Viollet-le-Duc. C’est un pépère, de la paroisse ou de la société d’histoire locale, qui fait la visite, il montre les peu intéressants vitraux, bien éclairés, mais nous avoue qu’il passe les tableaux, parce qu’ils sont si peu visibles; ne pas critiquer, très honorable, simple. Des visiteurs relativement nombreux, bien sûr qu’ils ont l’âge de la retraite.
Appel de P, bon, il a des problèmes de trésorerie, je lui avance 2000 euros, c’est toujours moi qui finance, le Bon Dieu me le rendra, doesn’t matter anyhow.
Appel de S, bien, il a des problèmes de ménisque au genou, et de femmes, Isabelle, Maryse, Marthe, Nathalie, deux nouvelles il me semble.
Appel de J, rien, traintrain, retraite à longue vue. sa femme est malade de ses cils dans les poumons, rien à faire. Vies tristes.


Transmission des valeurs



Le père Gadé nous racontait que chaque soir son père, au retour des champs, jetait sa casquette sur le sol, s’agenouillait et priait en silence. Sur le sol de cette masure vendéenne que j’imagine de terre battue. C’est tout. Jamais son père ne parlait de religion, de Dieu, de l’Église…

Mon père se brossait les dents chaque soir, se lavait les mains avant chaque repas, ne fumait pas, ne disait jamais de mot grossier. Mon père ne nous a jamais fait aucune leçon.


mardi 12 novembre 2013

Dimanche 12 novembre 2000



Pluie. 165 morts dans un funiculaire sous un tunnel en Autriche. Que deux ce jour dans les « territoires » (on sait ce que sont les territoires). Beaucoup de mal avec Manet et Renoir au Grand-Palais, ils ne passent pas, sauf des exceptions : les huîtres, Julie Manet. Lecture de la Dame de pique et du Nez.
Lecture du Coup de pistolet. Pouchkine est jeune ce matin et Houellebecq est vieux comme le vieux monde qui nous infeste. « Son œuvre comme toutes les grandes œuvres littéraires, est un prodige de langue et non d’idées » (Nabokov sur Gogol). Je cherche ma langue, la langue que personne ni mes parents ne m’ont donnée, que je ne trouverai jamais.

« Comme me dit mon amie Isabelle un jour, affolée : “Ciel, mon mari lit mes mails!”
Je n'ai pas de nouvelles histoires drôles à te raconter, mon fournisseur exclusif reste muet, il a trop mal au dos pour rire.
Sinon je peux te parler de l’enfer des couples, de la pluie et des nuits de novembre, du temps qui fuit « sans m'en apercevoir ». Il me reste toujours l'infini plaisir d'oublier tout cela en me plongeant dans Pouchkine et Nabokov (bien qu'ils ne parlent que de cela). Gogol et Tchekhov pour varier les petites joies.
Oui tu as raison, six mois… un millénaire… que nous n'avons pas vu passer, avons-nous vécu ? »


lundi 11 novembre 2013

Lundi 11 novembre 2013


On me dit: « C’est joli, ce que vous dites Patrick. »
   et je pleure…

On m’a dit: « Mais vos yeux valent le détour Patrick. Ils sont d'une couleur si subtile… Une sorte de gris vert chatoyant, changeant selon la lumière du soleil couchant… »
   et je pleure, même si je sais que ce n’est pas vrai.

(On ne me dit peut-être pas assez des choses comme ça.)

(Tout le monde a le désir de reconnaissance, moi plus que d’autres, le besoin d’être conforté puisque je ne me reconnais pas moi-même.)


dimanche 10 novembre 2013

Crépuscule


Le soir de dimanche tombe. C’est l’heure où l’on oublie les pèlerins d’Emmaüs. La peur de la nuit, la peur ancestrale, primitive. L’heure où les dragons et les crapauds apparaissent au fond du jardin. Mais bien pire, la silhouette de ta mère qui traverse à pas furtifs le salon dans sa robe de chambre bleue.

Interdit aux moins de dix-huit ans





Le film est sorti le 5 novembre 1965.
Mes camarades de classe se moquaient de moi : « Comment ça ? Je n’avais pas été voir le film !  Qu’est-ce que j’attendais !»
Je bredouillais : « Mais… mais… je ne peux pas, je n’ai pas dix-huit ans… »
Je me suis décidé. J’ai forcé ma nature. Je ne pouvais pas y aller avec mon petit frère, qui avait deux ans de moins que moi. Quinze ans, c’était beaucoup trop jeune, d’habitude je l’emmenais voir les Godards, au fur et à mesure de leur sortie (ils nous faisaient bien marrer), mais là ce n’était pas possible.
Je suis donc allé seul dans un cinéma des Grands Boulevards, à droite vers Richelieu-Drouot. À l’entrée je m’attardais longuement devant l’affiche qui reproduisait l’article qu’Aragon avait écrit pour Les Lettres françaises.
Enfin j’ai pris mon courage à deux mains, mes deux mains qui tremblaient quand j’ai demandé une place à la caissière (coiffure choucroute). Il ne se passa rien, elle est restée imperturbable, indifférente. M’a-t-elle seulement regardé ?
En première partie, il y avait ce mémorable court métrage que je n’ai jamais revu. On y voit deux béquilles sur une plage. Qui pourra me retrouver ce petit film ?
Élie Faure ! Vélasquez !
Soudain, le pire survint, au milieu du film. La bobine cassa ! On alluma les lumières. Et alors j’ai eu des sueurs froides, ça me gouttait du front jusque dans les yeux. On avait rallumé les lumières rien que pour moi. On allait contrôler les cartes d’identité et me traîner dehors, les jambes pendantes, un gendarme me tirant pas le col ; ça allait être l’opprobre, la honte, les regards et les rires, pour finir misérable au poste de police du quartier, au fond d’une cellule humide. Et je voyais déjà mon père venant me chercher, hochant la tête comme il savait faire, déçu mais indulgent.


Samedi 10 novembre 2007



Un type qui cherche (même à tout prix)
[…]
mais était-il bien détective, il avait un métier mystérieux, dont il ne nous entretenait qu’à mi-mots
[…]
Et après, quoi ? Je sais la retrouver. Je ne peux rien lui imposer, elle est majeure. Aucune loi ne force une fille à faire des risettes à son papa.
[…]
Beau lapsus : j’avais écrit : C à trente-trois ans.
J’ai eu beaucoup de torts. J’ai fait beaucoup de mal.
[…]
J’ai toujours été un mauvais élève, et encore une fois, ce matin, je ne connais même pas le sujet du jour, et je n’ai pas apporté – j’ai oublié, « oublié » – les photocopies, que je n’ai même pas lues.
Écrit sur la porte des toilettes de Normale Sup : « Merci de vous laver les mains en sortant, surtout si vous allez en bibliothèque. »
Prononciations fautives : legs, geôlier.


samedi 9 novembre 2013

Mardi 9 novembre 2010



La journée avait pourtant bien commencé. Courses. À l poste, une machine, mais elle n’accepte que les pièces, alors une autre machine pour changer son billet. Maintenant on fait son recommandé soi-même et on tape sur le clavier ses nom et adresse si l’on veut envoyer un colis. Bien entendu le vieux monsieur qui était devant moi avait cinq recommandés, et la vieille dame un colis. Progrès : pour aider ces clients devant ces machines il y avait deux dames de la poste. L’un a été surprise que je fasse les manipulations tout seul : «oh mais vous êtes un pro !»
Je réécris :
La journée avait pourtant bien commencé. Mais tout a été laborieux :

— la poste, il y a maintenant des charmantes dames devant les machines pour expliquer comment marchent les machines.
— Orlando, je suis têtu, non je ne veux pas le Haendel, je veux le Vivaldi, nom d'un p'tit bonhomme! Bref, j'ai mon billet.
— Barrette pour mac (trouver la bonne pour le bon).
— J'ai mes livres, dont un dont la commande remontait à deux ans.
— papier hygiénique (c'était urgent).
Avec ça, pas reçu de carte postale (on sait jamais).
Hier soir j’ai été qualifié par Philippe de libraire. Je n’aime pas cela. J’ai écrit, en langage sibyllin :
“Il y a bien longtemps que je ne suis plus ce que vous dites que je suis. Reconnaissez que j'ai peu de susceptibilités: accordez-moi celle-là.”


vendredi 8 novembre 2013

Jeudi 8 novembre 2001



L’amour rend sourd et aveugle, timide, lourd, muet, idiot. En ce début d’après-midi, par un ciel pur, un vent fort, le plus beau paysage du monde est le portail Sainte-Anne de Notre-Dame aperçu de la rive gauche du fleuve à travers les peupliers aux feuilles jaune pâle.