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lundi 22 décembre 2014

Panse d’a


Bribes de L’Otage de Claudel.

«c’est plus fort que moi, il faut que je vous fasse de la peine! c’est ma façon de vous aimer».

«Celui-là est sans foi, qui n’est capable de rien d’éternel».

«panse d’a» [Expression que je ne connaissais pas].

«il y aura toujours assez de France pour embêter l’Europe et pour lui piquer le derrière et pour l’empêcher de manger tranquille son foin»

«On était jeune alors et c’est de l’eau-de-vie bouillante que l’on avait dans les veines!»

«Je le sais. Que vous êtes attrayante avec ces yeux étincelants et cette bouche serrée qui sourit, comme quelqu’un qui s’arme en silence!

Ah, je le sais, que je ne gagnerai rien sur vous et que tout est gardé!

Vous êtes la froideur même, la raison même, et c’est cela même qui me met le feu au sang, c’est cela même qui m’attire et me désespère.

Ce visage parfait et ce cœur composé, l’ange ovale!

Vous êtes assurée et triomphale, tout a sa place qui ne peut être une autre, tout est prompt et déterminé.

N’y a-t-il point de défaut dans ce cœur politique?»



«LE BARON TURELURE: Sygne, Est-ce qu’il est en mon pouvoir de ne pas vous désirer?
SYGNE: Il ne faut désirer que les choses raisonnables.
LE BARON TURELURE: La raison est de s’arranger des faits comme on peut.
Et le fait est là que je vous aime, à quoi je ne peux rien.
La nature en sait plus long que vous et moi.
Et si je vous aime, c’est qu’il y a tout de même en vous quelque chose qui est capable d’être aimé par moi.»

 
«Le mépris est un sentiment inconnu aux êtres faits pour la vie» [Dans les commentaires qu'a écrits Claudel].


Et pour finir…
Clemenceau sur Claudel:
«J’ai d’abord cru que c’était un carburateur et puis j’en ai lu quelques pages — et non, ça n’a pas carburé. C’est des espèces de loufoqueries consciencieuses comme en ferait un Méridional qui voudrait avoir l’air profond.»





lundi 2 décembre 2013

Foi, espérance, charité


« Claudel : armé du casque empanaché de l’espérance, du tomahawk de la foi et de la hache à double tranchant de la charité… »
François Mauriac


dimanche 17 février 2013

Liturgie


«Le Brevarium monasticum… pro Congregationi gallici ordinis S. B. a été édité à Tournai en 4 volumes pour la Société de st Jean l’Évangéliste par Desclée Lefebvre et Cie. Vous trouverez là en effet un monde de la plus haute poésie, mais pour le comprendre complètement il ne suffit pas de lire çà et là, il faut s’astreindre à suivre tout un office suivant le cour des heures, par exemple celui de l’Assomption. Puis si magnifique que soit ce recueil, il ne faut pas oublier qu’il n’est qu’une partie solidaire de l’énorme édifice de la Liturgie, le Missel, l’Antiphonaire, le Rituel, le Pontifical. Jamais une telle cathédrale n’a été élevée à la gloire de Dieu. Le tort des Jésuites, que je respecte d’ailleurs de tout mon cœur, a été de faire oublier ce magnifique sanctuaire pour lui substituer de petites dévotions d’ailleurs fort belles en elles-mêmes. C’est l’art du joaillier substitué à celui de l’architecte. Ce qu’il y a de curieux dans la poésie sacrée qui anime les paroles des livres saints et les dispose toutes préparées pour nous en un drame éternel, c’est de voir combien elle s’apparente aux arts congénères de la chrétienté. Comme le mosaïste prend de petits cubes d’or et le verrier de petits morceaux de verre pour en composer des œuvres nouvelles et merveilleuses, ainsi le poëte énorme qu’est l’Église catholique a pris partout des fragments des Pères, de la Bible, des Légendaires, des poëtes pour en faire une construction vivante où toutes les richesses de l’univers sont harmonieusement employées dans un hymne de gloire au Créateur.»

Lettre de Claudel à Suarès (9 octobre 1910)